Accueil | Contrat | Vous | Contacts | Liens | Archives

Présentation | 4 difficultés | 6 objectifs | 10 priorités | La méthode | Le suivi
 Le Contrat > 6 objectifs

Pour répondre efficacement aux quatre difficultés structurelles de notre système scolaire, le monde de l’éducation et le Gouvernement de la Communauté française se sont fixés six objectifs quantifiés. Ces objectifs ambitieux mais réalistes ont été définis par les signataires de la Déclaration commune du 29 novembre 2004. Ils s’inscrivent dans la lignée des objectifs européens de Lisbonne.

Le 1er septembre 2005, plus de 50.000 enfants entreront en 1èreprimaire. Le 30 juin 2013, ils devraient quitter le tronc commun pour entrer dans le deuxième degré de l’enseignement secondaire. C’est l’horizon que nous nous fixons pour atteindre ensemble ces six objectifs.

Chacun d’eux sera régulièrement évalué. Chaque évaluation sera rendue publique et permettra d’ajuster les mesures aux résultats obtenus et aux écarts à combler.

Objectif 1 :
Augmenter le niveau d’éducation de la population scolaire

Doter les jeunes d’un diplôme reconnu, favoriser la poursuite des études au plus haut niveau et qui soit la plus adaptée pour chacun, telles sont dès lors nos ambitions.

Le niveau d’éducation se mesure notamment par référence aux pourcentages de population par niveau de diplôme obtenu. Ainsi, d’ici 2013, il est de notre responsabilité de mobiliser tous les efforts pour, à niveau d’exigence maintenu, tendre vers des taux de :
  • 100% d’élèves obtenant le Certificat d’études de base. Cet objectif sera mesuré sur la population scolaire de 14 ans ;
  • 85% de jeunes diplômés de l’enseignement secondaire supérieur qualifiant ou de transition . Cet objectif sera mesuré sur la population des jeunes de 20 ans ;
  • Moins de 10% de jeunes quittant prématurément l’école (jeunes n’ayant pas achevé l’enseignement secondaire supérieur et ne poursuivant ni études, ni formation) .
Un indicateur portant sur les compétences en langues sera également construit pour vérifier l’élévation significative de ces compétences en Communauté française.
Objectif 2 :
Améliorer les performances de chaque enfant

Que l’on se base sur les enquêtes internationales PISA 2000 et 2003, sur les études propres à la Communauté française ou sur d’autres comparaisons internationales, le constat est identique : trop d’élèves n’atteignent pas un niveau suffisant de maîtrise des compétences de base. Le fossé énorme entre les meilleurs et les moins bons de nos élèves est sans cesse confirmé.

Le Contrat doit responsabiliser les acteurs en regard de l’amélioration des performances des élèves en lecture, en mathématiques et en sciences. C’est une évidence. Ce qui l’est moins, c’est que cette amélioration doit concerner prioritairement les élèves les plus faibles. On l’a dit, la Communauté française enregistre d’excellents résultats pour la catégorie des élèves les plus forts mais la moyenne est largement affectée par les résultats de la catégorie – malheureusement beaucoup plus nombreuse – des élèves qui présentent des lacunes importantes, en tout cas à 15 ans.

La performance des élèves en lecture, en mathématiques et en sciences se mesurera notamment à l’aide d’évaluations externes, tantôt réalisées par comparaison avec d’autres pays comme dans l’enquête PISA, tantôt internes à la Communauté française. Ainsi, à l’horizon 2013, les efforts accomplis devront nous permettre :
  • d’au moins rejoindre et de dépasser la moyenne des pays de l’OCDE dans chacune des compétences mesurées ;
  • de diminuer la proportion d’élèves ayant de mauvais résultats.
Objectif 3 :
Augmenter le nombre d’élèves « à l’heure »

La réussite suscite la réussite. L’échec entraîne l’échec. D’autres outils que le redoublement permettent de gérer les difficultés d’apprentissage et d’adapter la pédagogie aux rythmes des élèves.

Il convient de développer des outils pédagogiques pour résoudre les difficultés d’apprentissage dès qu’elles se présentent et de garantir des résultats tout en s’adaptant aux rythmes d’apprentissage. Dotés d’alternatives pédagogiques et de structures crédibles, les enseignants, les conseils de classe et les établissements pourront proposer aux élèves d’autres solutions que le redoublement. Ces alternatives seront développées depuis l’école maternelle jusqu’au terme de l’enseignement obligatoire, avec une attention particulière pour le continuum pédagogique allant de l’enseignement maternel à la fin du 1er degré de l’enseignement secondaire.

Le nombre d’élèves à l’heure se mesure facilement : à niveau d’exigence maintenu, c’est le nombre d’élèves atteignant les socles de compétences ou les compétences terminales sans avoir doublé une année. Ainsi, d’ici 2013, les actions menées et les efforts accomplis doivent permettre de tendre vers :
  • 90% d’élèves à l’heure en fin d’enseignement primaire (venant de 80%) ;
  • 55% d’élèves à l’heure en fin d’enseignement secondaire (venant de 40%).
Objectif 4 :
Favoriser la mixité sociale dans chaque établissement scolaire et dans chaque filière

Quelle richesse que la mixité, qu’elle soit sociale ou culturelle ! Or, osons le dire, la mixité sociale à l’école n’a guère progressé. Les regroupements des élèves, qu’ils soient choisis ou subis, s’opèrent selon le niveau, l’aisance sociale ou l’appétence culturelle. Actuellement, les écarts de performances entre élèves s’expliquent, pour 56%, par le choix de l’établissement. Si nous voulions créer, d’un coup de baguette magique, une réelle mixité de performance dans chaque établissement, 60% des élèves devraient changer d’école.

La dualisation du système scolaire va à l’encontre des principes d’équité et ce sont les élèves dont le profil socio-économique est le moins favorable qui en font les frais. Notre conception de l’école comme lieu de vie où l’on apprend « en société », où l’on « fait société », appelle immanquablement la mixité sociale et culturelle. Des études montrent que mélanger les publics scolaires permet de gagner en efficacité, aux niveaux collectifs (le système conduit à de meilleures performances moyennes) et individuel (chaque élève en bénéficie directement).

Il importe de définir et de mettre en oeuvre des stratégies permettant :
  • aux enseignants de détecter les mécanismes de ségrégation ;
  • aux pouvoirs organisateurs de les supprimer.
Le niveau de mixité culturelle et sociale dans les écoles se mesure notamment sur la base des épreuves externes. Celles-ci permettent d’identifier les différences de performance entre établissements et le niveau de ségrégation sociale. Ainsi, l’action menée doit permettre de :
  • ramener la part de variance des performances des élèves attribuable à l’établissement de 56% à 40% ;
  • réduire le niveau de ségrégation scolaire à moins de 40%.
Les objectifs chiffrés choisis sont ceux communément observés dans les pays où les inégalités en matière scolaire sont nettement moins importantes que chez nous et les résultats meilleurs. Ces objectifs seront d’autant plus aisés à atteindre et à vérifier que les épreuves seront en parfaite adéquation avec les référentiels légaux établis en termes de compétences de base à atteindre par tous.
Objectif 5 :
Mettre sur pied d’égalité les différentes filières d’enseignement afin que le choix de la filière soit un choix positif
Toutes les filières poursuivent les objectifs généraux du décret « Missions ». Chaque filière poursuit des objectifs spécifiques additionnels. Les différences n’ont jamais visé à créer une hiérarchie entre filières. Or, depuis trop longtemps, le discours ambiant est à la dévalorisation de l’enseignement professionnel. Aujourd’hui, le choix de la filière est trop souvent le fruit d’une orientation négative à partir d’un échec ou de l’impossibilité présumée de poursuivre sa scolarité dans la filière où l’on se trouve. C’est une glissade, un « toboggan », une chute. Nous ne pouvons l’accepter.

Le Contrat veut construire une réelle égalité entre les filières, supprimer l’effet toboggan et les mécanismes de relégation et créer des passerelles opérationnelles entre filières.

L’équivalence des performances entre filières sera mesurée à partir d’indicateurs. La Commission de Pilotage sera chargée de les créer, de calculer le taux d’orientation positive actuel et de proposer l’objectif quantitatif à atteindre. Cet objectif sera évalué très régulièrement.

Quoi qu’il en soit, les efforts réalisés devront permettre, de :
  • réduire progressivement et fortement le nombre d’attestations d’orientation(s) restrictive(s) délivrées à l’issue du premier degré de l’enseignement secondaire. Le taux d’élèves s’orientant volontairement et positivement vers les filières qualifiantes sera fortement augmenté ;
  • réduire progressivement, pour ce qui concerne les matières de base, la part de variance des performances des élèves attribuable au choix de la filière d’enseignement.
Objectif 6 :
Lutter contre tous les mécanismes de relégation qui existent au niveau des établissements d’enseignement
Inscrire la promotion, la valorisation et l’intégration des élèves au cœur du système scolaire est un défi quotidien. On l’a dit, le mécanisme de relégation affectant le choix des filières constitue un problème majeur. Mais d’autres mécanismes de relégation existent. Ainsi, trop souvent, les élèves plus faibles ou en difficulté sont orientés des écoles réputées fortes vers des écoles réputées plus faibles, des classes fortes vers des classes faibles, d’options réputées plus exigeantes vers d’autres qui le sont moins.

Nous devons inverser la tendance et viser la promotion, chercher l’intégration. Pour mesurer le degré d’intégration, il faudra construire un indicateur sur la base d’indices comme le nombre de changements d’école en cours de scolarité, notamment à l’intérieur d’un même cycle. Ce nombre doit diminuer drastiquement.

Ces six objectifs partagés par l’ensemble des partenaires de l’école fixent le but à atteindre. Ils donnent sens au travail et aux efforts que chacun à son niveau, jeune ou adulte, doit mettre en œuvre pour améliorer la qualité de notre enseignement, son équité et son efficacité.

Les orientations et les mesures proposées par le Gouvernement ont été soumises à la concertation. Elles s’articulent désormais en 10 priorités.

D’ici 2013, le processus participatif se poursuivra et des évaluations intermédiaires seront réalisées afin de s’assurer que tout est bien mis en œuvre pour réaliser ce projet collectif partagé.




 
Version imprimable | Envoyer cette page | Contacter le gestionnaire du site              Haut de page